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« Le Valais. Terre de tournage »

Adrien Kuenzy
22 mars 2024

Tournage de la série «Winter Palace», de Pierre Monnard. © Valais Film Commission

Le slogan circule aux quatre coins de la Suisse, et au-delà, depuis le lancement officiel de la Valais Film Commission à Locarno en 2022. Avec ses modèles d’incitations économiques et ses services de facilitation, l’entité ne demande aujourd’hui qu’à grandir.

Depuis sa création il y a deux ans et demi, la Valais Film Commission (VFC) a soutenu 83 projets de divers formats et types. La coordination des services de facilitation est assurée par Tristan Albrecht, film commissioner. Le site internet propose aussi une base de données pour rechercher des décors et des technicien·ne·s. En outre, la commission offre un outil d’incitation économique au niveau cantonal, comprenant deux volets : le cash rebate, qui rembourse les dépenses engagées en Valais, et un soutien ponctuel. Les critères sont clairement définis en ligne et dans nos précédents articles. La stratégie prend en compte tourisme, économie et culture pour satisfaire les parties concernées. « Les principaux défis étaient de convaincre le secteur économique de l’utilité du projet et les organismes de promotion de son image pour le canton, explique Tristan Albrecht. Une fois cela fait, tout s’est déroulé sans problème majeur. »

Les retombées économiques pour le canton sont évidentes. Entre 2022 et 2023, elles se chiffraient à 3’049’439 francs, provenant des dépenses des productions sur le territoire telles que l’hébergement, la restauration, la location de matériel, les salaires, etc. Les retombées indirectes, notamment sur le tourisme, sont difficiles à quantifier pour le moment. « Nous réfléchissons également aux dépenses indirectes, c’est-à-dire toutes les dépenses qui ne sont pas directement liées au tournage, précise Tristan Albrecht. Dans le cas de “ Sauvages ! ”, de Claude Barras, des personnes ont passé sept mois sur place, investissant dans des activités non liées au tournage. Ce sont des coûts supplémentaires à considérer, mais qui ne sont pas identifiables. »

 

«Il reste encore du chemin à parcourir pour que notre position soit pleinement comprise, mais c’est un travail stimulant en cours.»
Tristan Albrecht

 

Parallèlement, le montant total distribué entre août 2022 et 2023 pour le cash rebate et le soutien ponctuel s’élève à 495’380 francs. Le budget actuel de la VFC pour son premier quadriennal est de 1’909’350 francs, financé par tiers par les services de l’économie et de la culture du canton ainsi que la Nouvelle Politique régionale (NPR) de la Confédération. « Nous sommes aujourd’hui très proches de notre plafond budgétaire en raison du nombre élevé de demandes, ajoute Tristan Albrecht. En 2024, si tous les projets se concrétisent, nous serons au maximum de nos capacités. Néanmoins, la planification sur quatre ans offre une certaine flexibilité. » La Valais Film Commission cherche à obtenir plus de financements pour soutenir sa croissance et espère un renouvellement et une éventuelle augmentation du crédit existant. « Malgré nos efforts, la décision finale sur l’augmentation des ressources reste en suspens, mais ce sera probablement nécessaire pour rester à l’avenir compétitifs et ambitieux. »

En ce qui concerne sa façon de fonctionner, chaque projet apporte des ajustements. « Par exemple, avec le projet actuel de “ Winter Palace ”, de Pierre Monnard, première coproduction entre la RTS et Netflix, nous sommes confrontés à des défis complexes. Le tournage a commencé en Valais en janvier 2024, et nous avons travaillé intensément sur la facilitation et la recherche de décors. Nous avons dû obtenir de nombreuses autorisations, car le film n’était pas initialement prévu ici. » Les partenariats peuvent être sources de difficultés, mais aussi d’inspiration pour évoluer. « De manière générale, gérer la frontière entre notre soutien et le travail de production est délicat mais crucial pour soutenir les productions efficacement tout en évitant d’endosser le rôle d’un membre de l’équipe du film, conclut Tristan Albrecht. La collaboration avec la RTS et d’autres partenaires de financement est aussi nouvelle pour nous. Il reste encore du chemin à parcourir pour que notre position soit pleinement comprise, mais c’est un travail stimulant en cours. » 

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