NON à l’initiative contre la SSR – elle menace la diversité culturelle et la cohésion du pays

NON à l’initiative contre la SSR – elle menace la diversité culturelle et la cohésion du pays

Communiqué de presse 27 janvier 2026

Cinésuisse - Association faîtière de la branche suisse du cinéma et de l’audiovisuel



Dans le cadre des Journées de Soleure, les associations faîtières de la culture s’opposent unanimement à l’initiative contre la SSR. Cette initiative priverait la SSR de la moitié de ses ressources financières – avec des conséquences considérables pour la culture, les emplois, la diversité des médias et la cohésion sociale en Suisse.

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La SSR est bien plus qu’une entreprise de médias audiovisuels. Elle est l’infrastructure centrale de transmission de la culture suisse, notamment pour les films, les séries, la musique, les arts de la scène, la littérature, le design et d’autres formes d’expression culturelles. Elle assure une visibilité, des collaborations et des revenus aux actrices et acteurs culturels et offre à l’ensemble de la population une accessibilité des contenus culturels de toutes les régions et de tous les espaces linguistiques.

La culture a besoin d’un public national

La culture se crée localement, mais agit nationalement. Pour que cette action puisse se déployer, il lui faut un public. C’est précisément ce que permet la SSR, par le biais de productions, de coproductions, de la diffusion et de la promotion d’offres culturelles, de critiques, de la mise à disposition d’archives et de son offre numérique en général.

Les films, les séries et la musique suisses racontent les histoires d’ici – de toutes les régions et communautés linguistiques. Des productions telles que Winter Palace, The Deal, Tschugger, Ciao Ciao Bourbine ou L’ultim Rumantsch constituent d’excellents exemples de ce regard spécifique sur notre monde. Elles montrent des personnes, des lieux et des langues représentatifs de notre volonté de cohésion nationale. Si la SSR est affaiblie, c’est cette parenthèse culturelle qui s’effondre.

Nos propres contenus plutôt que le mainstream international

Les contenus internationaux s’inscrivent bien sûr dans notre consommation quotidienne des médias audiovisuels. Mais ils ne doivent pas évincer entièrement les productions nationales. C’est précisément la menace de l’initiative contre la SSR : couper les moyens qui permettent de raconter nos histoires suisses et régionales. Les séries et formats internationaux achetés à moindre prix seraient plus nombreux, tandis que les productions suisses disparaîtraient.

Cela signifierait une perte pour nos perspectives locales et régionales, nos dialectes et nos propres débats de société, ainsi que pour la capacité de la Suisse à réfléchir sur elle-même et à se représenter.

Une forte création de valeur culturelle – à l’exemple de la musique

La SSR est également une source centrale de revenus pour les secteurs de la culture, des médias et de la musique. Cela vaut aussi bien pour les films et les séries que pour la musique, le théâtre, la danse ou le journalisme culturel. Chaque année, des dizaines de millions de francs sont injectés dans l'économie culturelle suisse sous forme de commandes, de coproductions, de droits d’auteurs et de budgets de production.

La musique en est un exemple frappant : plus de 42 000 heures de musique suisse par an, environ 1000 heures de musique live et une part moyenne de musique suisse de plus de 38% sur les chaînes de la SSR créent une visibilité et une portée qu’aucun fournisseur privé ne peut remplacer. Cette présence garantit des revenus, la promotion des jeunes talents et la continuité culturelle, à l’instar des coproductions et des diffusions dans le domaine du cinéma et des séries.

Une réduction de moitié des fonds alloués à la SSR détruirait ces chaînes de valeur, avec des conséquences directes pour des milliers de professionnel·les qualifié·es : comédien·nes, musicien·nes, auteurs·trices, compositeurs·trices, technicien·nes, producteurs·trices, ensembles, labels, sociétés de production et bien d’autres encore.

Les régions et les communautés linguistiques particulièrement menacées

La SSR produit dans toutes les régions linguistiques et y est physiquement présente. Cet ancrage régional est une condition préalable à la participation culturelle et à l'équité. Une réduction massive du budget entraînerait la fermeture de studios et détruirait entièrement des écosystèmes régionaux de production, en particulier en Suisse romande, au Tessin et dans les régions rhéto-romanes.

Les offres d’accessibilité pour toutes et tous, telles que le sous-titrage, l’audiodescription et la langue des signes, seraient également fortement menacées. L’accès à la culture et à l’information serait ainsi restreint pour de nombreuses personnes.

Le journalisme culturel et la mémoire culturelle sous pression

La culture n’existe pas seulement à travers la production, mais aussi à travers la médiation. La SSR permet un journalisme culturel indépendant, la critique, la classification et le débat – des prestations pour lesquelles il n’existe pratiquement pas de marché commercial. De plus, grâce à ses archives, elle préserve une mémoire culturelle qui dépasse largement le moment présent.

Un NON commun de la culture suisse

Les associations signataires sont favorables aux réformes, à la qualité et à un dialogue critique avec la SSR. Mais les réformes nécessitent un financement viable. Une réduction de moitié n’est pas une optimisation, mais un démantèlement qui sape les missions culturelle et de service public inscrites dans la Constitution et la concession.

Pour toutes ces raisons, la culture suisse dit unanimement NON à l’initiative contre la SSR.

NON au démantèlement de notre infrastructure médiatique, de notre diversité culturelle et de notre cohésion sociale.

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