Thomas Tribolet : «L'administration est soumise à une forte pression»
Thomas Tribolet. © Adrian Moser

Thomas Tribolet : «L'administration est soumise à une forte pression»

Adrien Kuenzy 10 juin 2025

Le coordinateur du bureau de liaison GARP–IG–SFP analyse les effets des annonces budgétaires. Interview.

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En avril 2025, la section Cinéma de l’Office fédéral de la culture (OFC), par la voix de ses co-responsables Nadine Adler Spiegel et Laurent Steiert, a informé la branche de plusieurs ajustements budgétaires. La newsletter détaille les répercussions sur les soutiens à la création et sur le fonctionnement interne, dans un contexte de restrictions plus larges à l’échelle fédérale. Pour mieux en cerner les enjeux, nous avons recueilli l’avis de Thomas Tribolet, conseiller juridique des associations de producteurs et coordinateur du bureau de liaison GARP–IG–SFP.

Que pensez-vous des choix opérés dans les coupes annoncées?

L'administration est soumise à une forte pression en raison des mesures d'économie «dictées par le haut», ce qui constitue sans aucun doute une situation difficile. Le fait que l'administration ait décidé d'adapter l'organisation de l'aide sélective au cinéma juste avant la consultation sur les régimes d’encouragement au cinéma 2026 - 2028 a suscité beaucoup d'inquiétudes et était précipité. En revanche, il est compréhensible que des économies soient réalisées dans le domaine des événements. Lors des discussions sur les nouveaux régimes à partir de 2026, il sera indispensable de prendre en compte le contexte financier. La question de la provenance des fonds, qu'ils proviennent de la Confédération ou directement de l'industrie cinématographique, pourra également se poser.

Comment envisagez-vous le rôle de la branche elle-même pour faire face à cette situation?

Je pense que nous devons comprendre que l'OFC sera soumis à une forte pression financière dans les années à venir. Nous devons rechercher des solutions judicieuses en collaboration avec la section Cinéma. Avec le Succès Cinéma et le PICS, nous disposons d'instruments intéressants en plus de l'aide sélective à la production cinématographique. Nous devons nous concentrer sur le maintien de ces trois piliers solides.

À moyen terme, quels impacts anticipez-vous concernant la consultation sur l’ordonnance sur l’encouragement du cinéma et la mise en œuvre de la Lex Netflix?

Le cinéma est soumis à une forte pression avec la numérisation, mais avec plus de 10 millions d'entrées, il reste central. En 2024, le cinéma suisse détenait une part de marché de plus de 9%. Ces développements positifs devraient être renforcés par la Confédération, ce qui signifie également que le Succès Cinéma doit être plutôt développé que réduit. Avec la nouvelle ordonnance sur l'obligation d'investissement, nous disposons d'une bonne base. Nous devons avant tout observer comment la situation évolue. À l'issue des quatre premières années (2024-2027), nous devrons tirer des conclusions et décider ensuite des adaptations nécessaires dans le domaine de l'aide au cinéma.

Quels enseignements tirez-vous de cette situation?

Les mesures d'économie de la Confédération doivent être mises en œuvre d'une manière ou d'une autre par l'administration. Malheureusement, celle-ci dispose d'une marge de manœuvre très réduite pour appliquer correctement ces mesures. Nous devons adapter la structure à plus long terme. Si nous disposions déjà aujourd'hui d'un Centre national du cinéma indépendant, les mesures d'économie pourraient être mises en œuvre de manière plus ciblée.

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