Depuis bientôt quarante ans, le Festival du cinéma jeune Castellinaria évolue sur un terrain complexe : celui de la rencontre entre le cinéma d’un côté et l’école et la formation des spectateurs de l’autre. Une mission qui ne se mesure pas en chiffres, mais dans la capacité à lire les transformations culturelles et à les restituer sous forme de récit. « Notre programmation n’est jamais le résultat de la volonté d’imposer un thème », précise le directeur artistique Giancarlo Zappoli. « Ce sont tout d’abord les films que nous aimons. Ce n’est qu’après coup qu’un éventuel fil rouge peut apparaître. Cette année, c’est la présence du féminin, sous toutes ses formes, et la responsabilité parentale qui se sont dégagées des œuvres que nous avons vues. »
Ces deux thèmes, présents à la fois dans les concours « Kids » (6 à 15 ans) et « Young » (dès 16 ans), sont programmés dans le créneau de 18 heures, consacré cette année aux documentaires. La féminité, non seulement comme présence mais aussi sur le plan de la conscience narrative, se décline dans des œuvres aux approches très différentes : « A Girl Named Willow » de Mike Marzuk, un film pour les plus jeunes, renverse le mythe des sorcières dans une perspective écologiste, tandis que, dans le concours « Young », l’autodétermination est abordée dans un film comme « Girls Don’t Cry » de Sigrid Klausmann, qui présente six portraits de jeunes femmes qui affirment leur identité de genre. Autre grand thème intéressant et présent au festival : la parentalité. Dans certains films, le jeune âge peut en effet coïncider avec des rôles considérés comme typiquement adultes : si « Jeunes Mères » des frères Dardenne met l’accent sur la parentalité féminine, « L’intérêt d’Adam » de Laura Wendel et « Una figlia » de Ivano De Matteo concoivent la parentalité comme une responsabilité partagée.
« Avec la place consacrée aux documentaires, nous souhaitons toucher les points sensibles de l’actualité et de la contemporanéité », poursuit Zappoli. La Palestine – dans « Tutto quello che resta di te » de Cherien Dabis, qui parcourt quarante ans d’histoire à travers celle d’une famille – et l’intelligence artificielle – dans « Wider than the Sky » de Valerio Jalongo (coproduction italo-suisse, en collaboration avec la RSI et Aura Film, basée à Meride) – sont notamment représentées.
Au-delà des films : les liens avec les écoles et le territoire
Selon Filippo Demarchi, responsable « Industry » et membre de l’équipe opérationnelle, Castellinaria est aujourd’hui un écosystème qui mêle sélection, formation et réflexion. Le contact avec les écoles est un des grands atouts du festival. « Nous sommes en échange avec les lycées et les écoles cantonales tout au long de l’année. Les classes participent aux débats ou aux ateliers. Pour nous, il est essentiel que les sujets abordés soient utiles également aux enseignants ». La discussion qui suivra le documentaire de Jalongo par exemple offre des pistes afin de porter un regard critique sur des outils comme ChatGPT, que les jeunes utilisent désormais quotidiennement. « Certaines écoles découvrent dans nos contenus un vaste potentiel de réflexions. C’est donc aussi en tenant compte de leurs besoins que nous concevons nos conférences ». La rencontre avec Dörte Schneider Garcia, réalisée en collaboration avec le Torino Film Lab, va également dans ce sens : au CISA, cette dernière évoquera la production cinématographique durable sur les plans environnemental, énergétique et écologique, du développement du scénario à la post-production.
Filippo Demarchi, qui a grandi avec Castellinaria, observe que le festival a pris de l’ampleur. « Il y a quelques années, il n’y avait pas le soutien de MEDIA Desk ou le jury ECFA (European Children’s Film Association), ni même les collaborations avec les nombreux festivals suisses qu’il y a aujourd’hui ». Le dialogue avec l’industrie s’est accru, ce qui est également utile au vu de l’attention croissante des institutions pour les œuvres audiovisuelles destinées aux enfants et aux jeunes. « L’Office fédéral de la culture, qui est en train de revoir les critères d’octroi aux subventions pour la production cinématographique, soutiendra chaque année un certain nombre de films destinés aux jeunes. Actuellement, un débat est en cours pour savoir si les films destinés aux familles et aux enfants entrent également dans cette catégorie... Une question complexe. »
Tout en mettant l’accent sur les jeunes, Castellinaria s’adresse également au grand public. « Si un film pour enfants parle également à un public adulte, c’est qu’il a forcément une certaine profondeur et qu’il est réussi », poursuit Demarchi. Pour Zappoli, « le cinéma s’adresse à tous ceux qui veulent apprendre à regarder ».
À partir du 6 novembre, PlaySuisse proposera une nouvelle série de 14 films projetés à Castellinaria au fil des années.
Versione originale italiana
Castellinaria 2025: crescere con il cinema
Uno sguardo alla prossima edizione, che si svolgerà a Giubiasco dal 15 al 22 novembre.
Di Chiara Fanetti
Sono quasi quarant’anni che Castellinaria, il Festival del cinema giovane, lavora su un territorio complesso: quello in cui il cinema incontra l’educazione, la scuola e la formazione dello spettatore. Un compito che non si misura in numeri ma nella capacità di leggere le trasformazioni culturali e restituirle in forma di racconto. «La nostra programmazione non nasce mai con l’idea di individuare o imporre un tema», spiega il direttore artistico Giancarlo Zappoli. «I film ci attraggono, e solo dopo ci accorgiamo che c’è un filo comune. Quest’anno, il cinema ci ha portato verso la presenza del femminile, in molteplici declinazioni, e verso il tema della responsabilità genitoriale».
Due percorsi tematici che attraversano i concorsi Kids (6-15 anni) e Young (dai 16 anni) e la fascia pre-serale delle 18:00, quest’anno dedicata ai documentari. Il femminile, visto non solo come presenza ma anche come coscienza narrativa, si ritrova in opere con approcci molto diversi: «A Girl Named Willow» di Mike Marzuk, fra i titoli per i più piccoli, ribalta il mito delle streghe in chiave ecologista, mentre nel concorso Young si affronta il tema dell’autodeterminazione in «Girls Don’t Cry» di Sigrid Klausmann, che propone sei ritratti di ragazze che affermano la propria identità di genere. Interessante anche il fil rouge sulla responsabilità dei genitori, che mette in luce come dei ruoli considerati ‘da adulti’ possano, talvolta, coincidere con la giovane età: il festival proporrà «Jeunes Mères» dei fratelli Dardenne mentre «L‘intérêt d‘Adam» di Laura Wendel o «Una figlia» di Ivano De Matteo affrontano la genitorialità come responsabilità condivisa.
«Lo spazio dedicato ai documentari intende toccare i nervi scoperti del contemporaneo e dell’attualità», continua Zappoli percorrendo con noi il programma: c’è la Palestina in «Tutto quello che resta di te» della regista Cherien Dabis che, partendo dal ’48, ripercorre quarant’anni di storia attraverso una famiglia, e c’è l’intelligenza artificiale, in «Wider than the Sky» di Valerio Jalongo (coproduzione tra Svizzera e Italia che coinvolge RSI e Aura Film di Meride).
Oltre i film: i legami con scuole e territorio
Per Filippo Demarchi, responsabile Industry e membro delle commissioni artistiche, Castellinaria è oggi un ecosistema che intreccia selezione, formazione e riflessione, dove il legame con le scuole è uno dei tratti distintivi. «Collaboriamo tutto l’anno con licei e scuole cantonali. Le classi partecipano ai dibattiti e agli atelier ed è importante che gli argomenti trattati siano utili anche ai docenti e alle lezioni». In questo senso, la discussione che seguirà il documentario di Jalongo potrebbe offrire degli spunti per guardare con spirito critico strumenti, come ChatGPT, che anche ragazzi e ragazze usano ormai tutti i giorni. «Ci sono scuole che vedono nelle nostre offerte delle possibilità di riflessione per i loro studenti, quindi è partendo dai loro bisogni che abbiamo pensato le conferenze». Va in questa direzione anche l’incontro con Dörte Schneider Garcia, in collaborazione con il Torino Film Lab, che al CISA parlerà di produzione cinematografica sostenibile, in termini ambientali, energetici ed ecologici; dallo sviluppo della sceneggiatura alla post-produzione.
Filippo Demarchi, che è ‘cresciuto’ con Castellinaria, osserva come il festival: «si sta ingrandendo. Anni fa non c’era il supporto di MEDIA Desk o la giuria ECFA (European Children’s Film Association) e nemmeno la collaborazione con tutti i festival svizzeri con cui lavoriamo ora».
C’è stato un ampliamento di dialogo con l’industria, utile anche di fronte alla crescente attenzione da parte delle istituzioni verso le opere audiovisive destinate a infanzia e giovani adulti. «L’Ufficio federale della cultura introdurrà nuovi criteri per l’accesso ai contributi per la produzione cinematografica, sostenendo ogni anno anche un certo numero di film pensati per i giovani. C’è molto dibattito in corso per definire se in questo ambito rientrino anche i film per famiglie, quelli solo per bambini… è un discorso complesso».
Castellinaria, pur concentrandosi sul cinema giovane, resta aperto anche allo spettatore generalista: «quando un film per ragazzi interessa anche il pubblico adulto vuol dire che offre una certa profondità e che è davvero riuscito», ci dice Demarchi. Per Zappoli, «il cinema è per chiunque abbia voglia di imparare a guardare».
Dal 6 novembre su PlaySuisse sarà disponibile una nuova collezione di 14 film proiettati a Castellinaria nel corso degli anni.