Cinéma ou théâtre: une question d’écriture
PRISMI, atelier d'écriture. ©️ LAC - Lugano Arte e Cultura

Cinéma ou théâtre: une question d’écriture

Chiara Fanetti 2 avril 2026

En Suisse, la langue italienne dans le secteur audiovisuel est soutenue par un fonds de promotion de la Ticino Film Commission et par deux résidences d’écriture à la Casa Pantrovà à Carona. Or, à ce jour il manque un programme d’accompagnement spécifique. Le seul contre-exemple, dans le domaine du théâtre, est peut-être Luminanza, un projet lancé en 2021. Nous nous sommes entretenus avec son coordinateur, Alan Alpenfelt.

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À quels besoins du monde du théâtre italophone Luminanza répond-il?

L’objectif est double : faire entrer la langue italienne dans l’écriture théâtrale en Suisse et repérer de nouvelles voix. Avec Luminanza, nous aimerions favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de dramaturges en partant des vocations, en accompagnant le développement de l’écriture et en aidant ces voix à « éclore », notamment par la rencontre avec les autres réalités culturelles et linguistiques du pays.

Une des particularités de Luminanza est sa structure. Comment se présente-t-elle concrètement?

En italien, luminanza désigne l’unité de mesure de la luminosité d’une surface. Notre idée était de voir ce qui existe, de « mesurer » la luminosité de la scène de la Suisse italienne. Par un appel à candidatures ouvert, nous avons sélectionné pendant trois ans entre cinq et sept participants âgés de 20 à 35 ans, que nous avons conviés à des rencontres et des week-ends d’atelier avec des dramaturges experts d’Italie et du reste de la Suisse. Ces jeunes adultes ont ainsi été confrontés à différents thèmes et diverses formes d’écriture et ont pu assister à des spectacles dans toute la Suisse et même à Milan. Pendant l’année, chacun crée un texte théâtral, qui est ensuite présenté sur scène au public et à des directeurs de théâtre. Après trois années et dix-sept participantes et participants, l’investissement dans ceux qui avaient continué à écrire s’est révélé payant. Dans la foulée, nous avons créé Prismi, un laboratoire annuel conçu pour accompagner ces plumes dans leur parcours de professionnalisation.

En pensant aux profils et surtout aux textes issus du projet depuis 2021, quelles caractéristiques de la scène italophone se sont dégagées?

Un thème récurrent concerne l’origine et les parcours migratoires, la recherche d’identité et le besoin de trouver sa place dans un périmètre géographique et culturel – un thème sous lequel peuvent parfois affleurer le racisme ou les tensions entre les cultures. Un autre grand sujet, ce sont les relations intimes et familiales. Nombre d’œuvres s’introduisent dans les foyers, où tout semble fonctionner... mais seulement en apparence. Une grande attention est également portée à ce qui est « tu » : des tensions sous-jacentes qui finissent par exploser.

Le cinéma devrait-il faire ses armes au théâtre?

Absolument, tous ceux qui aspirent à faire du cinéma devraient faire l’expérience du théâtre, une grande école, car il nous oblige à nous mesurer directement à l’écriture, aux acteurs et à la présence vivante du public. On dit souvent que le cinéma et le théâtre sont des mondes différents, mais en réalité ils partagent énormément. Les films qui marchent le mieux sont ceux basés sur un bon texte, des acteur·trice·s doué·e·s et une réalisation forte. La dramaturgie reste fondamentale.

Luminanza crée-t-il réellement de nouvelles opportunités pour les auteur·trice·s italophones?

Les choses sont en train de bouger : maintenant, les jeunes qui ont suivi notre parcours sont invités à présenter leurs textes dans différents lieux, comme le PLAY Festival à Zurich ou les Journées littéraires de Soleure. Certaines œuvres sont également montrées en dehors de la Suisse italienne, au nord des Alpes et à Londres. Pour nous, il est fondamental de rester à l’écoute de ce qui se passe et de nous réinventer sans cesse en fonction du contexte et en restant à l’écoute de notre canton. C’est pourquoi, en 2025, nous avons créé Vetrina, un festival tessinois consacré à la nouvelle dramaturgie. Nous y avons présenté deux travaux issus de Prismi et deux textes de Suisse alémanique traduits en italien.

Versione originale italiana

Cinema e teatro, una questione di scrittura

La lingua italiana nell’audiovisivo in Svizzera è sostenuta da un fondo di promozione, istituito dalla Ticino Film Commission, e da due residenze di scrittura dedicate, presso Casa Pantrovà a Carona, ma non gode ancora di percorsi specifici di accompagnamento. Un esempio interessante si trova nel teatro, con un progetto avviato nel 2021. Ne abbiamo parlato con il responsabile, Alan Alpenfelt.

A quale esigenza del panorama teatrale in lingua italiana vuole rispondere Luminanza?

L’obiettivo è portare la lingua italiana nella scrittura teatrale della scena svizzera e individuare nuove voci. L’idea è contribuire alla nascita di una nuova generazione di drammaturghi: partire da una vocazione, accompagnare le persone nello sviluppo della scrittura e aiutarle a far emergere il proprio potenziale, mettendole in contatto con il resto del Paese e aprendo un dialogo con altre culture e linguaggi.

Uno degli aspetti unici di Luminanza è la sua struttura. Come funziona concretamente?

Il progetto si chiama Luminanza - l’unità di misura della luminosità di una superficie - perché volevamo capire chi c’era, “misurare” la scena della Svizzera italiana. Attraverso un’open call, per tre anni abbiamo selezionato da cinque a sette partecipanti tra i 20 e i 35 anni, coinvolgendoli in incontri e weekend di lavoro con drammaturghi affermati dall’Italia e dalla Svizzera francese e tedesca. Hanno potuto confrontarsi con temi e forme di scrittura diverse e assistere a spettacoli in tutta la Svizzera e a Milano. Durante l’anno ciascuno ha lavorato a un testo teatrale inedito, poi presentato al pubblico e ai direttori di teatro in forma di lettura scenica. Dopo i primi tre anni di Luminanza e diciassette partecipanti, ci siamo resi conto che aveva senso investire su chi aveva continuato a scrivere. Da qui nasce Prismi, uno spin-off pensato per sostenere questi autori in un percorso di professionalizzazione.

Pensando ai profili e ai testi che sono passati da Luminanza dal 2021, è emersa qualche caratteristica della scena italofona?

Un tema ricorrente riguarda la provenienza e i background migratori, la ricerca di un’identità e il tentativo di trovare il proprio posto in un territorio. Da qui emergono anche questioni legate al razzismo o alle tensioni culturali. Un’altra linea molto forte riguarda le relazioni intime e familiari. Molte drammaturgie entrano nelle case, dove tutto sembra funzionare, ma sotto la superficie affiorano conflitti profondi. C’è una forte attenzione a ciò che non viene detto: tensioni che restano sottotraccia e poi esplodono.

Il cinema dovrebbe farsi le ossa a teatro?

Chi fa cinema dovrebbe confrontarsi con il teatro: è una scuola importante perché costringe a misurarsi direttamente con la scrittura, gli attori e la presenza viva del pubblico. Spesso si dice che cinema e teatro siano mondi diversi, ma in realtà condividono molto. I film che funzionano meglio sono quelli con un buon testo, bravi attori e una regia forte: alla base resta la drammaturgia.

Luminanza sta creando nuove opportunità per gli autori di lingua italiana?

Qualcosa si sta muovendo. Già ora chi ha seguito il nostro percorso viene invitato a presentare i propri testi in diversi contesti, come il PLAY Festival a Zurigo o le Giornate letterarie di Soletta. Alcuni lavori hanno trovato spazio anche fuori dalla Svizzera italiana, con produzioni oltre Gottardo e a Londra. Per noi è importante restare in ascolto di ciò che accade e reinventarci in base ai bisogni del territorio. Per questo nel 2025 abbiamo creato Vetrina, una rassegna pensata per dare anche al Ticino un luogo dedicato alla nuova drammaturgia, dove sono stati presentati due lavori nati all’interno di Prismi e due testi della Svizzera d’oltralpe, tradotti in italiano.

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