Soutien à la distribution de l’Office fédéral de la culture
© DR

Soutien à la distribution de l’Office fédéral de la culture

Teresa Vena 3 avril 2026

Explications de Matthias Bürcher, responsable du service Exploitation et diversité de l’offre de soutien à la distribution.

copy linkshare facebookshare linkedinshare instagram

Quels sont les principaux instruments de soutien à la distribution ?

Le principal est la prime à la diversité, qui vise à encourager la variété de l’offre. Le distributeur s’engage à assurer un certain nombre de projections en salle et reçoit une prime si le film atteint une quantité élevée d’entrées (entre 2000 et 60’000). Elle s’applique d’une part aux productions suisses (budget annuel de 670’000 francs), d’autre part aux films d’auteur extra-européens (250’000 francs). Pour les œuvres européennes, ce sont les mesures compensatoires MEDIA qui s’appliquent (2,1 millions de francs). Les distributeurs reçoivent en outre un crédit d’encouragement lié au succès (Succès cinema), qu’ils peuvent réinvestir dans des garanties de distribution (jusqu’à 70 %) et des frais de promotion (jusqu’à 50 %). Depuis 2026, ces instruments peuvent être combinés, à condition toutefois que le financement fédéral ne dépasse pas 70 %.

Comment décririez-vous aujourd’hui les principaux défis du secteur de la distribution ?

Elle dépend étroitement du marché des salles. Or, la fréquentation diminue, tandis que le nombre de sorties augmente et que les films se disputent l’attention du public. Les lancements en salle demandent par ailleurs toujours plus de travail : les supports publicitaires classiques, comme les affiches, disparaissent peu à peu, tandis que les campagnes sur les réseaux sociaux sont très chronophages et exigent un positionnement propre à chaque film. La place de la critique cinématographique se réduit aussi, privant le public comme les distributeurs de repères dans un paysage marqué par un grand nombre de sorties quotidiennes. En outre, les films suisses ne représentent la plupart du temps que 20 à 30 % du chiffre d’affaires, ce qui rend les distributeurs fortement dépendants du marché international et des évolutions à Hollywood, en France ou dans d’autres marchés du film.

À lire également