Au cœur de la vallée
Sur le tournage de « Becaària » © Cinédokke - Sabrina Montiglia

Au cœur de la vallée

Chiara Fanetti 26 septembre 2024

Nous nous sommes entretenu·e·s avec le réalisateur Erik Bernasconi à quelques jours de la fin du tournage de son nouveau film dans la Haute-Vallemaggia.

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Le tournage du film « Becaària », adaptation du roman du même nom de l’écrivain tessinois Giorgio Genetelli, aurait dû commencer le 1er juillet. Un moment très attendu pour son réalisateur, Erik Bernasconi, qui y travaille depuis douze ans. Mais, dans la nuit du 29 au 30 juin, la Haute-Vallemaggia a été frappée par une terrible inondation, porteuse de mort et de désolation... C’était compter sans la résolution des habitant·e·s de la vallée, qui ont décidé qu’il n’y avait qu’une chose à faire : reconstruire et aller de l’avant.

Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit en pensant à ces jours que vous avez passés sur les lieux ?

Ce qui se passait autour de nous nous dépassait complètement. Heureusement, hormis un camion perdu et quelques costumes endommagés, personne de notre équipe n’a été blessé (pendant la nuit du drame, l’équipe se trouvait entre Prato-Sornico et Bignasco, ndlr). Au début, nous avons dû rester sur place, il n’y avait pas moyen de se déplacer. Nous ne savions pas si nous pourrions encore tourner, ni s’il était juste de réaliser un film dans une région sinistrée. Mais après une semaine, il a été évident que la vallée se rétablissait avec une force extraordinaire, et les gens nous ont fait comprendre qu’ils étaient heureux que nous restions.

L’impact émotionnel a été fort, mais vous avez aussi dû agir de manière très concrète. Comment avez-vous fait ? Avez-vous dû renoncer à certains cadres ?

Quand nous avons commencé à filmer, le 15 juillet, nous l’avons fait avec toute l’énergie d’un groupe qui avait la volonté de rester : un tel a donné un coup de main en pellant de la boue, telle autre, comme une de nos actrices qui pratique l’escalade, en recherchant des chèvres égarées. Pendant les deux semaines d’arrêt, j’ai examiné toutes les alternatives au cas où nous aurions dû changer de lieu de tournage. Mais un pont effondré nous empêchait de descendre et d’obtenir le matériel technique nécessaire, et des glissements de terrain rendaient l’accès à Fusio (où devait commencer le tournage) impossible. Mais par la suite, la situation s’est peu à peu rétablie, et nous avons pu tourner dans pratiquement tous les lieux prévus.

Quels ont été les aspects problématiques ? Cinédokké, l’entreprise qui produit le film, a publié plusieurs avis de recherche de figurants.

« Becaària » se déroule dans les années 1970, une époque avec des looks très particuliers. Il y avait quelques scènes avec un grand nombre de figurant·e·s, et comme nous n’avions pas les ressources nécessaires pour mettre des favoris et des coupes spéciales à tout le monde, il fallait trouver des gens qui avaient déjà le bon look – ce qui n’a pas été facile. De plus, le report du tournage a fait que certaines scènes ont dû être filmées en pleines vacances d’été, une période où beaucoup n’étaient plus disponibles. Malgré ces obstacles, Shair Cruz, la responsable des figurant·e·s, a réussi, avec le département maquillage et costumes, à créer une très belle imagerie années 70.

Globalement, comment se sont déroulées les six semaines de tournage ?

Affronter tout cela avec l’équipe avec laquelle je collabore depuis des années a été fondamental. Michela Pini et Cinédokké ont pris des risques pour le projet – heureusement, nous y sommes arrivé·e·s. Les six semaines ont passé extrêmement vite, même si j’ai parfois eu l’impression d’être dans la Vallemaggia depuis des années. Avec soudain le sentiment d’un enracinement dans ce territoire, et l’idée de devoir quelque chose à ce lieu qui nous a accueilli·e·s et où nous avons échappé au danger.

La réalisation du film « Becaària » sera achevée d’ici à la première moitié de 2025.

Auf dem Set von «Becaària». © Cinédokké - Sabrina Montiglia
Sur le tournage de « Becaària ». © Cinédokké - Sabrina Montiglia
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Sur le tournage de « Becaària ». © Cinédokké - Sabrina Montiglia
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Sur le tournage de « Becaària ». © Cinédokké - Sabrina Montiglia
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Sur le tournage de « Becaària ». © Cinédokké - Sabrina Montiglia

Versione originale italiana:

Nel cuore della Valle

Abbiamo raggiunto il regista Erik Bernasconi a pochi giorni dalla fine delle riprese del suo nuovo film, girato in Alta Vallemaggia.

Dovevano iniziare il 1° luglio le riprese di «Becaària», adattamento cinematografico dell’omonimo libro dello scrittore ticinese Giorgio Genetelli. Un momento molto atteso dal regista Erik Bernasconi, che lavorava a questo progetto da dodici anni. Poi, nella notte tra il 29 e il 30 giugno, una terribile alluvione ha colpito l’Alta Vallemaggia, portando morte e distruzione. La determinazione della gente del posto però ha deciso per tutti che c’era solo una cosa da fare: ricostruire e guardare avanti.

Cosa torna alla mente pensando a quei giorni, che avete vissuto sul posto?

Quello che ci stava succedendo intorno era molto più grande di noi. Per fortuna, a parte un camion disperso e alcuni costumi rovinati, nessuno tra noi è rimasto ferito (la troupe quella notte alloggiava tra Prato-Sornico e Bignasco, ndr.). Siamo dovuti restare in valle all’inizio, non ci si poteva spostare. Non sapevamo se avremmo potuto girare e nemmeno se era opportuno fare un film mentre c’era un territorio scosso e ferito. Dopo una settimana è apparso chiaro che la valle si stava riprendendo con una forza pazzesca e le persone ci hanno fatto capire che erano felici se restavamo.

L’impatto emotivo è stato forte ma avete dovuto anche essere molto concreti. Come vi siete mossi? Avete dovuto rinunciare ad alcune ambientazioni?

Quando siamo partiti con le riprese, il 15 luglio, lo abbiamo fatto forti di un gruppo che ha voluto restare sul territorio. Qualcuno ha dato una mano spalando il fango o, come una nostra attrice che fa arrampicata, cercando delle capre scomparse. Io, nelle due settimane di stop, ho cercato tutte le alternative possibili nel caso avessimo dovuto cambiare location: il crollo di un ponte non ci permetteva di scendere e non potevamo far arrivare il nuovo materiale tecnico, e per andare a Fusio, dove dovevamo iniziare a girare, c’erano delle frane che impedivano l’accesso. Poi gradualmente la situazione si è ripresa e abbiamo potuto filmare praticamente in tutti i luoghi che avevamo previsto.

Ci sono stati aspetti che si sono rivelati più problematici? Cinédokké, che produce il film, ha più volte pubblicato la ricerca di comparse.

«Becaària» è ambientato negli anni ’70, un’epoca con un look specifico. Avevamo alcune scene con molte comparse e, non avendo la forza produttiva per applicare basette e capigliature a tutti, dovevamo trovare persone che avessero già un aspetto adatto, non è stato facile. In più lo spostamento delle riprese ha fatto slittare alcune di queste scene nel pieno delle vacanze estive e molte persone non erano più disponibili. Shair Cruz, responsabile delle comparse, ha ben penato ma è riuscito, con il reparto trucco e costumi, a creare un bellissimo immaginario anni ’70.

Complessivamente come sono andate le sei settimane di riprese?

È stato fondamentale affrontare tutto insieme al gruppo con cui collaboro da anni. Michela Pini con Cinédokké si è presa dei rischi per il progetto, per fortuna ce l’abbiamo fatta. Le sei settimane sono volate, anche se mi è sembrato di stare per anni in Vallemaggia, con una sensazione d’improvviso radicamento nel territorio, di dovere qualcosa a quel luogo che ci aveva ospitati e ci aveva fatto scampare il pericolo.

«Becaària» sarà concluso nella prima metà del 2025.

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