Peu avant le début du festival, on a appris qu'un verdict avait été rendu dans le procès de l'acteur français Gérard Depardieu pour deux agressions sexuelles: 18 mois avec sursis. Son cas a certainement été l'un des plus médiatisés de ces dernières années; il y a une certaine déception quant à la peine prononcée.
Dans le cadre du Festival de Cannes, le CNC, Centre national du cinéma et de l'image animée, a organisé une table ronde qui a remis cette impuissance dans son contexte. Elle a été introduite par un discours du nouveau directeur de l'institution, Gaëtan Bruel: «Le secteur culturel devrait montrer l'exemple. La culture est le vecteur de l'identité et a le pouvoir de relier les gens et de réconforter l'âme. Et pourtant, cet environnement est un lieu de menace pour de nombreuses personnes.» En ce qui concerne le CNC, il a annoncé une politique de tolérance zéro et un catalogue de mesures de prévention. «Nous devons agir rapidement. Il s'agit d'une situation catastrophique que personne ne peut plus ignorer. Nous risquons de perdre toute crédibilité auprès de notre public.»
Il a été soutenu par le parlementaire Erwan Balanant. Il a fait partie des enquêtes officielles menées ces cinq dernières années par l'Assemblée nationale française et sa commission d'enquête sur la violence dans l'industrie du cinéma, de l'audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité. «C'est effrayant de voir les statistiques et les cas, mais ils ont un impact fort et montrent qu'il est urgent d'agir.» Pour lui, le cinéma est aujourd'hui une «machine à détruire les talents», qui se met en marche dès les auditions. Tant de carrières ont été détruites, dit-il. «Le culte du génie, qui a longtemps permis et excusé beaucoup de choses en France, doit cesser.»
La commission a publié un rapport de 300 pages. Sur cette base, un catalogue de réglementations doit suivre au niveau parlementaire, permettant la prévention et, si nécessaire, des actions en justice. En collaboration avec le CNC, une sélection de mesures a déjà été mise en œuvre. Par exemple, toutes les productions sont tenues d'employer un coordinateur ou une coordinatrice de l'intimité. Elles doivent également obligatoirement mettre en place un service de médiation. Tous les membres d'une production cinématographique sont désormais tenus de suivre une formation spécifique sur le comportement approprié à adopter face au harcèlement sexiste et sexuel.
Formation obligatoire
Cette formation se compose de deux parties: La première est en ligne, la seconde doit être suivie collectivement sur place par toutes les personnes impliquées dans la production. Les cinéastes présents à la table ronde ont fait savoir qu'ils étaient en principe favorables à ces mesures, mais ont souligné la difficulté de réunir tous les collaborateurs à temps pour une telle formation, étant donné que les calendriers des productions diffèrent souvent d'un département à l'autre. Certaines voix ont également déclaré que ces obligations augmentaient les coûts de production.
Il est apparu clairement qu'il y a encore quelques défis à relever pour mettre en œuvre un processus plus fluide dans ce domaine. Mais l'engagement du CNC et du monde politique, qui s'est également manifesté en la personne de la ministre française de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, et du Festival de Cannes, représenté par sa première femme présidente, Iris Knobloch, a été impressionnant. Il faut espérer qu'elles auront plus qu'une force symbolique.