Rencontre avec Christof Oswald et Matthias Koch
Christof Oswald et Matthias Koch. © Jessy Moravec | Sam Aebi

Rencontre avec Christof Oswald et Matthias Koch

Max Borg 9 janvier 2026

Lors de la sortie en salle de « Mon ami Barry » Christof Oswald et Matthias Koch offrent l’occasion de découvrir le rôle de « coach pour enfants » au cinéma. Ils ont encadré les jeunes acteurs pour cette histoire d’aventure basée sur des faits réels autour de l’amitié spéciale entre un garçon et son chien saint-bernard. Le film est montré dans le cadre des Journées de Soleure.

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Quelle est la fonction exacte du « coach pour enfants » ?

Ce n’est pas vraiment le bon terme, car nous travaillons aussi avec les adolescent·e·s et les jeunes adultes. Nous sommes plutôt des « entraîneurs de jeunes acteur·trices ». En collaboration étroite avec les cinéastes, nous les encadrons pendant la préproduction et sur le plateau. Lors de la phase préparatoire, il ne s’agit pas uniquement de développer les rôles et les scènes, il faut aussi aiguiser la perception, développer une présence et une authenticité, et trouver une approche émotionnelle individuelle. Le but est de connaître les enfants dans une variété de situations et d’environnements, pour leur donner le meilleur soutien possible. Pendant cette période, on leur apprend aussi les aspects techniques requis pour le jeu devant la caméra et sur un plateau de cinéma. Ensuite, en coordination avec les cinéastes, nous continuons l’encadrement sur le plateau, pour être sûrs que ce qui a été développé en amont soit accessible et utilisable pendant le tournage. Dans le cadre de la production, nous sommes aussi le lien entre les jeunes, les parents, les cinéastes et les producteur·trice·s.

D’où vient votre intérêt pour ce travail et comment y accède-t-on en Suisse ? Quelles sont les qualités nécessaires pour l’exercer ?

Nous avons suivi, tous les deux, une formation pour devenir acteurs, et nous sommes devenus entraîneurs en jouant. Notre travail est né de notre expérience en tant que comédiens. Christof a commencé le coaching en 2005, avec « Je m’appelle Eugen », de Michael Steiner. Matthias, pour sa part, a commencé en 2019, avec « Spagat », de Christian Johannes Koch. Les qualités essentielles sont un intérêt pour le travail avec les jeunes, savoir jouer et coacher, savoir diriger les acteurs et actrices, et avoir la capacité de comprendre quel soutien est nécessaire pour chaque individu pour que la personne soit à l’aise et libre en jouant.

Y a-t-il un encadrement général dans ce domaine, ou est-ce que cela dépend de l’entraîneur·euse ?

En Suisse, il y a des directives de travail pour les enfants et les adolescent·e·s sur les plateaux, mais pas pour le travail des entraîneur·euse·s.

Quels sont les défis principaux de ce travail ?

Chaque personne avec qui nous travaillons est unique. En tant qu’entraîneurs, notre tâche est de soutenir chaque individu avec les outils nécessaires, pour que la personne puisse pleinement développer ses points forts. Le travail sur un plateau se fait selon des règles et procédures très claires. Pour la plupart des jeunes comédien·ne·s, c’est un système nouveau, inconnu. Notre responsabilité est de les aider à naviguer dans tout ça, pour que ce soit confortable et jouissif d’incarner leurs rôles, malgré les exigences de production.

Y a-t-il eu des difficultés spécifiques sur un tournage aussi ambitieux que « Mon ami Barry » ?

Il y a eu un certain nombre de défis, dont le fait de tourner à la montagne, dans la neige, et le travail avec les animaux. De plus, la distribution principale était faite entièrement d’enfants et d’adolescent·e·s. Comme on a tourné en Suisse et en Allemagne, ils et elles ont passé beaucoup de temps loin de leurs proches. Et puisqu’il s’agit d’un film historique, ils et elles devaient imaginer une époque différente, avec ses propres structures sociales et normes de genre.

Avez-vous participé au choix des enfants ?

Nous avons participé au projet à partir de la deuxième session de casting, avec une fonction de conseillers.

Combien de temps avez-vous eu pour connaître les enfants avant le début du tournage ?

Les préparations ont commencé deux mois avant le tournage. Des sessions régulières de coaching ont eu lieu pour les différentes constellations de personnages, et dans certains cas il y a aussi eu des répétitions avec les acteur·trice·s professionnel·le·s. À un moment donné, les chiens ont été inclus dans ce processus, en collaboration avec l’entraîneur des animaux.

Est-ce que les jeunes vous ont surpris lors de vos interactions sur le tournage ?

Pas forcément surpris, non, mais ça a été une joie de travailler avec elles et eux. Ils et elles ont abordé le projet avec enthousiasme et motivation, et nous avons été impressionnés en voyant à quel point ils et elles étaient sérieux·euses et engagé·e·s dans leurs rôles.

En dehors des scènes tournées ensemble, est-ce que les enfants et les adultes ont leurs propres « bulles » sur le plateau ?

Oui, bien sûr, il faut que tout le monde ait son propre lieu de détente. Mais sur le plateau, on est généralement tous·tes ensemble. Les enfants et les ados se sont très bien entendu·e·s avec les comédien·ne·s adultes, ainsi que l’équipe.

Quand on travaille avec des enfants, comment sait-on qu’ils et elles seront capables de gérer le tournage jusqu’au bout et comment fait-on en sorte de minimiser les risques d’abandon ?

Notre priorité, c’est le bien-être des enfants et des ados. Pour cette raison, il est crucial, pendant la phase préparatoire, de connaître chaque jeune dans une variété de situations, pour être sûr que le rôle lui convient et qu’il n’y aura pas de stress sur le plateau. Le casting se déroule sur plusieurs semaines, avec différentes étapes, ce qui nous permet d’évaluer l’intérêt pour le projet et le rôle, ainsi que la volonté de s’engager. Il est tout aussi important d’avoir une communication ouverte et honnête avec les jeunes et leurs parents, y compris des conversations claires sur le fait qu’un tournage peut être joyeux mais aussi exigeant, et qu’il demande de la patience et de la persévérance. Avec l’équipe de production, nous vérifions que toutes les conditions de tournage soient convenables pour les jeunes, et nous veillons à leur bien-être. Un échange continu entre tous et toutes les interlocuteur·trice·s (les jeunes, leurs parents, les cinéastes, l’équipe de production, les gardes d’enfants et nous) garantit ultérieurement que les enfants et les ados soient soutenu·e·s tout au long du tournage.

Est-ce que des enfants avec qui vous avez travaillé ont continué dans la profession ?

Nellie Hächler, avec qui Matthias a travaillé pour « Spagat », fait actuellement des études de comédienne. Christof a encadré Luna Mwezi et Anouk Petri pour « Les enfants du Platzspitz » qui ont continué à jouer. En 2021, Luna a été nominée pour le Prix du cinéma suisse dans la catégorie meilleure actrice, tout comme Masha Demiri, qui a aussi été encadrée par Matthias pour « Spagat », pour le meilleur second rôle.

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