Début septembre, Netflix organisait à Berlin un sommet destiné aux sociétés de production allemandes, autrichiennes et suisses. « Par-delà les fréquentes discussions que nous menons en petits groupes, l’objectif de ce sommet est de nous permettre de nous adresser à un nombre aussi large que possible de sociétés de production afin de nous parler directement, en toute transparence », explique Katja Hofem, directrice adjointe du contenu pour la région DACH et responsable des séries. Au vu des attentes suscitées dans le secteur du cinéma par l’entrée en vigueur de la Lex Netflix, une telle démarche est sans aucun doute bienvenue.
Autre initiative à saluer, une rencontre prévue dans le cadre des Journées de Soleure qui vise à rassembler producteur·trice·s et représentant·e·s des plateformes en ligne et des groupes de médias. Une question clé ne manquera certainement pas d’être au centre des discussions : « Quel type de divertissement notre public souhaite-t-il ? »
Favoriser les coproductions
Les Journées de Soleure avaient lancé une procédure de candidature visant à sélectionner des projets à la recherche de partenaires. Pour intéresser Tamedia, par exemple, un projet de documentaire doit correspondre à sa ligne éditoriale. « Nous nous intéressons aux sujets liés au journalisme d’investigation », explique Stefan Halter, collaborateur du groupe. Sans oublier l’aspect divertissement, bien entendu. « Les projets doivent viser un large public, tout en conservant une certaine ambition culturelle. Ils doivent réunir ces deux dimensions. » Tamedia fait actuellement ses premiers pas dans la production de contenus propres. Une série documentaire centrée sur le journalisme d’investigation est en cours de réalisation, une collaboration avec Contrast Film. D’autres projets sont en préparation, et Stefan Halter se réjouit d’échanger avec de nouveaux·elles auteur·trice·s et producteur·trice·s.
Tout juste créés à Zurich cet automne, les Swiss Studios AG sont en phase de lancement. Cette nouvelle entité rassemble cinq sociétés de production (Elite Filmproduktion, Contrast Film, Bavaria Fiction Switzerland, Kinescope Film et Praesens-Film). En se regroupant, elles peuvent mettre en commun leur expertise en matière de développement, de production et d’exploitation et sont en position « d’unir leurs forces », explique Corinne Rossi, de Praesens-Film. « Nous voulons proposer des coproductions et développer nos propres projets. » Swiss Studios fera office d’interlocuteur aussi bien vis-à-vis du secteur cinématographique suisse que des entreprises de coproduction étrangères. « Nous voulons que la Suisse devienne un site attractif et donner plus de visibilité internationale aux contenus helvétiques. » Dans ce sens, l’octroi de licences de contenus et le lancement de nouvelles productions vont donc de pair dans le cadre de la Lex Netflix.
Des contenus à caractère local
La stratégie de Seven.One Entertainment suit un fil conducteur similaire. « Nous voulons créer un pont entre le secteur créatif et le grand public », explique la directrice marketing du groupe Sabine Körner (senior marketing manager/PR). Seven.One fait partie des plateformes soumises à la nouvelle obligation d’investir. Jusqu’à présent, l’entreprise a réalisé des campagnes télévisées et « fait la promotion de productions suisses via ses propres canaux ». On trouve notamment des contenus suisses sur sa plateforme en ligne Joyn ONE. Mais l’entreprise cherche désormais à être active dans le domaine de la coproduction et veut entrer en discussion avec différent·e·s acteur·trice·s. « La demande pour des contenus à caractère local est en constante augmentation. »
Fabian Stein, de Sky Suisse, est du même avis. Le programme de Sky Show, implanté en Suisse depuis 2018, s’adresse à un public suisse. « Les contenus helvétiques jouent un rôle important dans notre stratégie. » Cela devrait encore s’accentuer dans la mesure où Sky Suisse compte poursuivre son rôle de coproducteur après l’expérience de « Tschugger », qui a manifestement donné envie à la société d’aller plus loin. « Nous voulons promouvoir l’industrie suisse, dont nous faisons après tout nous-mêmes partie », explique le responsable des contenus de la plateforme.