Joëlle Comé prendra la présidence du FIFDH
De l’humanitaire à la production, puis aux institutions culturelles, son parcours relie depuis plus de vingt ans cinéma, diplomatie et politique culturelle.
Adrien Kuenzy 30 octobre 2026
Un nouveau festival rejoint les bénéficiaires du soutien fédéral pour 2027–2029. Comment élargir le cercle sans moyens supplémentaires ? La codirectrice du domaine Encouragement du cinéma à l’OFC revient sur les critères de sélection et les arbitrages qui façonnent le paysage des festivals suisses.
Nous considérons cette contribution comme un coup de pouce. Elle tient compte des qualités du festival relevées par les expert·e·s, mais aussi de notre volonté de faire évoluer le paysage des festivals suisses. Jusqu’ici, nous soutenions toujours les neuf mêmes manifestations. Il est important de pouvoir élargir le cercle des bénéficiaires, même modestement. Il ne peut pas s’agir d’une liste close. Le festival des Diablerets présente un potentiel de développement très intéressant.
Certain·e·s pensent peut-être que le soutien est réservé aux festivals déjà retenus et qu’ils n’ont aucune chance. Je trouve cela dommage. Il existe aussi des critères que tous ne peuvent pas remplir, notamment les festivals créés depuis peu. Mais il est important de réexaminer régulièrement nos choix et nos priorités. C’est tout l’intérêt des appels à candidatures et des expertises externes. Nous avons d’ailleurs aussi réduit la période de soutien de quatre à trois ans, ce qui nous permet de faire évoluer nos choix plus rapidement.
C’est la combinaison de ces éléments qui compte, avec un poids un peu plus important accordé à l’originalité et à la qualité des programmes. Le contenu reste essentiel. Cela permet aussi de reconnaître des festivals qui attirent un public plus restreint, mais présentent des films peu visibles ailleurs.
Je comprends leur frustration. Mais nos moyens sont limités. Il faut aussi souligner que, contrairement à d’autres domaines culturels touchés par des mesures d’économie successives, nous avons pu maintenir l’enveloppe des festivals de cinéma.
Dans la situation financière actuelle, nous avons choisi de privilégier la stabilité, en attribuant aux festivals des montants similaires à ceux sur lesquels ils ont pu compter historiquement. Seul le Zurich Film Festival (ZFF) a un soutien qui baisse très légèrement.
Nous avons communiqué les éléments déterminants au ZFF.
Ces aspects entrent dans l’appréciation de la cohérence et de la durabilité de la stratégie de développement, ainsi que de l’utilisation des ressources. Nous examinons notamment l’équilibre du financement et la transparence de la gestion. Les expert·e·s rencontrent aussi les directions et les présidences des festivals lors d’auditions, afin de clarifier certains points. Si des questions restent en suspens, ils en tiennent compte dans leur évaluation. La qualité des programmes conserve le plus de poids, mais les autres aspects prennent de plus en plus d’importance.
Il doit montrer une capacité à se développer, mais cela n’a rien à voir avec sa taille. Il faut rester en phase avec son époque, répondre aux défis actuels et proposer de nouvelles offres. Pour l’avenir, nous devons veiller à ce que les festivals puissent conserver leur valeur et se développer. Mais cela nous ramène toujours à la question des moyens disponibles.
« Nous ne comprenons pas pourquoi notre contribution est aujourd’hui moins valorisée au sein du dispositif fédéral de soutien aux festivals de cinéma. Le Zurich Film Festival s’engage depuis de nombreuses années et avec constance en faveur du cinéma suisse, soutient les talents du pays et contribue au rayonnement international de la création cinématographique locale. Cette décision ne change rien à notre engagement : nous continuerons à soutenir la relève, à offrir une vitrine aux films suisses et à rendre le grand cinéma accessible au plus large public. »