Lionel Baier: «La culture c'est l'identité»
Lionel Baier (à gauche) à côté de Sabine Boss et Laurent Steiert. © Luca Chiandoni / Locarno Film Festival / Ti-Press

Lionel Baier: «La culture c'est l'identité»

Teresa Vena 12 août 2025

Au Locarno Film Festival, des cinéastes ont discuté avec des politicien·ne·s de la valeur idéelle et matérielle de la création culturelle.

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La conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider a organisé une table ronde pendant le Locarno Film Festival, qui a réuni des représentant·e·s politiques et artistiques. L'événement s'intitulait « L'économie culturelle à la croisée de la créativité, du marché et de la politique : opportunités et défis pour le cinéma ». L'accent était mis sur la valeur ajoutée de la production cinématographique suisse.

Compte tenu de la raréfaction et de la réduction des subventions culturelles, il apparaît de plus en plus clairement que des fonds doivent également être recherchés en dehors de ce cadre, par exemple auprès de sources économiques. Les initiatives croissantes de promotion de la Suisse en tant que lieu de tournage par le biais des commissions du film, auxquelles Genève et Neuchâtel ont récemment présenté leurs projets, s'inscrivent dans ce contexte. Au cours de cette discussion à Locarno, il est apparu clairement que la création cinématographique n'est pas une voie à sens unique sur le plan financier. Elle fait partie d'un cycle économique dont le potentiel peut être mieux exploité au profit de tous si les conditions-cadres appropriées sont réunies.

Le cinéaste Lionel Baier figurait parmi les invités. Son discours d'introduction était clair et percutant. Espérons qu'il aura un impact.

La Suisse a délibérément choisi de ne pas participer aux structures de l'Union européenne. «Cette position a un prix», a déclaré Lionel Baier. La Suisse a beaucoup à offrir en tant que lieu de tournage : des paysages variés, des technicien·ne·s bien formé·e·s et d'excellentes compétences linguistiques. «Mais tout cela existe aussi ailleurs.»

Transmettre des modes de vie

Il ne faut pas oublier le pouvoir du cinéma en tant que média fédérateur. «Quand je veux savoir comment un pays pense et ressent les choses, je vais au cinéma ou je lis un livre.» La culture est synonyme d'identité, et les films, comme d'autres produits culturels, en sont les vecteurs. Des pays comme la Norvège ont montré l'exemple. Ce pays a développé son propre univers cinématographique, produit des films qui parlent de lui et mettent en avant et promeuvent un certain mode de vie. Cela a incité d'autres pays à venir y tourner, ce qui a eu des répercussions sur l'économie du pays.

«Chaque choix de lieu de tournage raconte une histoire sur cet endroit. Ceux qui tournent en Suisse documentent indirectement sa culture et son histoire. C'est une valeur ajoutée qui devrait être davantage mise en avant dans la promotion du site.»

Pas des demandeur·euse·s

Dans ce contexte, il a évoqué la relation entre la production cinématographique et les subventions publiques. Il est certes reconnaissant pour les subventions qu'il reçoit, qui proviennent des recettes fiscales auxquelles il contribue. «Mais nous ne sommes pas seulement des demandeur·euse·s. Nous investissons, nous multiplions l'argent, nous contribuons à l'économie.»

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