Le portrait de famille de Lionel Baier
Image tirée de «La cache» de Lionel Baier. © Véronique Kolber

Le portrait de famille de Lionel Baier

Teresa Vena 18 février 2025

Le nouveau film du réalisateur suisse a été présenté en première mondiale en compétition à la Berlinale.

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Lionel Baier © Ulysse del Drago / Bande à part films

Le drame de Lionel Baier, «La Cache», est l’adaptation cinématographique du roman autobiographique éponyme de l’auteur français Christophe Boltanski. Ancré dans une époque précise, le film retrace l’histoire d’une famille franco-juive. À l’occasion de sa sélection en compétition à la Berlinale cette année, nous avons rencontré le réalisateur suisse et lui avons posé deux questions.

Comment vous avez choisi ce roman de Christophe Boltanski?

Il m’a été proposé par la distributrice française de mon film « La vanité », à l’occasion de sa sortie en 2015. Elle pensait qu’il pourrait m’intéresser. Je l’ai lu, et il m’a profondément touché. Je me suis alors demandé comment l’adapter, car le livre couvre plus d’un siècle. Il explore chacune des pièces de la maison et raconte tout ce qui s’y passe au fil du temps. Le livre m’a ému, car j’y ai retrouvé de nombreux points de référence qui résonnaient avec des éléments proches de ma propre famille. De plus, il me permettait d’aborder la Shoah sans avoir à faire un film historique.

La maison familiale est au centre de l'histoire. Où avez-vous tourné?

C'est un film qui a été en grande partie tourné au Luxembourg. Le premier gros chantier du film était l'appartement de la rue de Grenelle, qui existe toujours. Christophe Boltanski m’a proposé de le visiter, mais je n’en avais pas envie. L’appartement que nous avons construit est une sorte de mélange entre celui de mes parents et des souvenirs, des choses que j’ai vues. Nous l’avons reconstitué sur 500 mètres carrés avec neuf pièces. C’était vraiment incroyable, car il y avait trois tonnes de livres à l’intérieur. L’odeur de vieux papier se mélangeait à celle du parquet. Même les parquets grinçaient, les portes fermaient mal, comme dans une vraie maison. Pour le reste, nous avons tourné dans les rues de Paris, mais c’était juste avant les Jeux Olympiques, ce qui compliquait les choses. Il était donc plus simple de tourner une partie en Suisse à la place. L’entrée du métro et la brasserie sont à Genève. Quant aux scènes dans la voiture, elles ont été filmées dans un studio que nous avons aménagé à Ursy, dans la campagne fribourgeoise.

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