Geneva Film Commission: cap sur la postproduction
Au Pôle, à Genève, Masé Studios côtoie plusieurs autres sociétés de postproduction, un écosystème que le nouveau dispositif entend renforcer. © Masé Studios

Geneva Film Commission: cap sur la postproduction

Adrien Kuenzy 18 septembre 2026

Doté d’un million de francs en 2026, le nouveau fonds incitatif genevois veut faire venir les tournages, mais aussi retenir sur place le montage, l’étalonnage, le son et les effets visuels.

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Faire venir davantage de tournages à Genève est une chose. Faire en sorte que les films y restent aussi pour être montés, étalonnés, bruités ou mixés en est une autre. La nouvelle Geneva Film Commission entend jouer sur les deux tableaux.

Son fonds incitatif, doté de 1 million de francs en 2026, est entré en fonction le 1er septembre. Les projets retenus peuvent obtenir le remboursement de 15 % des dépenses éligibles réalisées à Genève. Ce taux peut monter à 30 % grâce à différents bonus. La postproduction est particulièrement favorisée : un projet gagne dix points si plus de la moitié de son budget de postproduction image ou son est dépensée dans le canton, puis cinq points supplémentaires si ces dépenses dépassent 200’000 francs. L’aide est plafonnée à 500’000 francs par projet.

Une manière de mieux exploiter des infrastructures qui existent déjà. « La postproduction en Suisse, c’est Genève, elle est clairement là », estime Denis Séchaud, fondateur de Masé Studios, qui a participé à l’élaboration du dispositif en représentant l’Association suisse des industries techniques de l’image et du son FTB/ASITIS. Il assure avoir déjà vu certains contrats lui échapper faute de mécanisme de ce type : « J’ai perdu des boulots avant parce qu’il n’y avait pas d’incitatif, justement dans des cas où les gens voulaient travailler avec moi. » Pour lui, l’enjeu est de compléter les aides culturelles par des mesures qui profitent aussi à l’économie du cinéma : « Il fallait qu’il y ait un relais économique dans la production des films. »

Le canton veut aussi renforcer des pans de la postproduction encore moins matures à Genève. Delphine Bachmann, conseillère d’État chargée de l’Économie, de l’Emploi et de l’Énergie (lire aussi notre interview, p.16), cite notamment « les postproductions avec une forte composante numérique », comme les effets visuels, l’animation ou les créations immersives et interactives. Avec un pari assez simple : faire venir davantage de projets pour étoffer les compétences. « Plus vous faites, plus vous savez faire et plus vous êtes capable de développer ce type d’activité », résume-t-elle.

Soirée d’information à Genève

Le 29 septembre à 19h, à la Maison des Arts du Grütli, Fonction : Cinéma, en partenariat avec l’AROPA, propose une soirée d’information sur le nouveau dispositif genevois de soutien à l’audiovisuel, avec Antoine Lejoindre, film officer Genève, Barbara Bourgin, juriste à l’OCEI-DEE, et Samuel Mellot, attaché aux affaires économiques du canton. Gratuit, sur inscription.

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