Cap sur l’avenir
Nadia Dresti. © Locarno Film Festival / Marco Abram

Cap sur l’avenir

Alexandre Ducommun 29 juillet 2024

À la suite d’un changement de stratégie, le festival tessinois s’entoure d’un organe consultatif dédié à son industrie. Nadia Dresti en assurera la responsabilité.

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Lorsque Marco Solari annonce son départ du Locarno Film Festival l’été dernier, après plus de vingt ans passés à la présidence, le conseil d’administration du festival doit se résoudre : il ne trouvera pas un·e remplaçant·e au profil aussi profondément ancré en Suisse que le président sortant. « Mais l’époque du PDG est terminée, le festival devra s’y faire », avait déclaré en s’amusant Marco Solari à la RTS, en juillet 2023. Son départ entraîne ceux de plusieurs membres de longue date du conseil d’administration, alors composé de 28 personnes.

Ce changement pousse le conseil à lancer un groupe de travail afin de réfléchir à une nouvelle gouvernance et de revoir les statuts. Les besoins du festival sont réévalués, le profil de la future présidence est établi et Maja Hoffmann est élue peu avant le lancement de la 76e édition du Locarno Film Festival. Le groupe de travail estime qu’une personne pouvant pousser les portes de l’international est nécessaire pour poursuivre le développement du festival. De plus, une refonte du conseil prend place, réduisant ses membres au nombre de cinq à sept et endossant un rôle plus opérationnel que consultatif.

Parmi les cinq membres actuels, Nadia Dresti, fondatrice et responsable du programme Locarno Pro entre 2000 et 2020, apporte son expertise cinématographique. Elle a joué un rôle actif durant tout le processus : « Après l’approbation de ces nouveaux statuts par l’ancien conseil d’administration, on a réfléchi à la mise en place de la nouvelle gouvernance du festival. Les membres du nouveau conseil ont été choisi·e·s pour leurs compétences dans les domaines clés de festival. Ils·elles ne pouvaient pas toutefois pas remplacer seul·e·s le travail des 28 personnalités sortantes, ainsi qu’un président comme Marco Solari. » En soutien, les statuts prévoyaient donc dès leur adoption la création de deux comités consultatifs, d’une part l’Industry Advisory Board (IAB) et d’autre part le Policy Advisory Board, qui verra le jour à l’assemblée générale du festival en octobre et qui aura le rôle de soigner la position du festival dans le panorama politique suisse.

“Aujourd’hui, le besoin du festival est avant tout de se positionner davantage au niveau international.”
Nadia Dresti
Augmenter la visibilité

Constitué en février dernier, l’IAB a quant à lui été placé sous la responsabilité de Nadia Dresti et assure les relations entre le festival et le reste de l’industrie cinématographique, en Suisse et à l’international. Ses sept autres membres ont été sélectionné·e·s pour leur expertise dans les différents secteurs de l’industrie. En plus de sa responsable, l’IAB se compose d’Emmanuel Cuénod, directeur du Pôle de création numérique ; de l’exploitante Edna Epelbaum ; de la responsable de la Locarno Industry Academy International, Marion Klotz ; de Beki Probst, fondatrice de l’European Film Market de Berlin ; du fondateur de LatAm Cinema, Gerardo Michelin ; du vice-président de la plateforme Mubi, Bobby Allen ; et du producteur Ted Hope.

Où se place le Locarno Film Festival parmi les festivals en Suisse et à l’international ? Comment attirer plus de professionnel·le·s internationaux·les à Locarno ? Quelle typologie de films a sa place sur la Piazza Grande ? Voilà quelques exemples de thématiques qui pourront occuper l’IAB lors de ses prochaines réunions. « Je souhaite que les sujets abordés ne viennent pas uniquement de moi, explique Nadia Dresti, mais aussi des membres de l’IAB, qui ont un regard extérieur et une expérience vécue du festival. » Pour ce faire, les membres de l’organe consultatif bénévole se réuniront à l’occasion des principaux évènements cinématographiques internationaux, et échangeront sur leur vision du festival tessinois.

« Aujourd’hui, le besoin du festival est avant tout de se positionner davantage au niveau international. Tous les festivals majeurs proposent du cinéma d’auteur et des marchés professionnels. Pour être compétitif, il faut s’assurer que toute l’industrie du cinéma d’auteur se rende à Locarno », explique Nadia Dresti. Consciente du nombre croissant de festivals de cinéma et de leur rapide évolution, elle espère que les membres de l’IAB amèneront une vision précise des besoins des professionnel·le·s, ainsi que des perspectives de développement de l’attractivité de l’événement.

Il faudra encore patienter pour observer les premiers résultats de l’IAB. Entre l’adoption des nouveaux statuts, le renouvellement du conseil d’administration et la période d’ajustage de cet organe consultatif, Nadia Dresti estime qu’il faudra attendre au moins l’automne 2024 pour découvrir les premiers objectifs de l’IAB.

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