Le cinéma par soi-même
Alexandre Schild. © India Lange
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Le cinéma par soi-même

Alexandre Ducommun 1 novembre 2024

Avec « Le Dernier Soleil », le Genevois Alexandre Schild présente aux Kurzfilmtage Winterthur son quatrième court métrage. Formé en autodidacte, le cinéaste touche-à-tout redéfinit les chemins du cinéma grâce à sa soif intarissable de création.

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Ses envies de cinéma remontent à loin. Enfant déjà, Alexandre Schild rêve de devenir comédien. C’est en s’initiant d’abord à la photographie, puis à la vidéo, en filmant sa sœur, qu’il développe son amour pour l’image. Avide d’apprendre, il saisit toutes les occasions de capturer de nouvelles images, n’hésitant pas à forcer un peu le destin, en approchant des groupes de musique locaux pour leur proposer de réaliser leurs clips.

Une approche du cinéma rythmée par les rencontres – tant avec la scène musicale genevoise qu’avec une productrice en quête de jeunes cinéastes à promouvoir – qui accompagne Alexandre Schild dès le début de sa carrière de réalisateur. Autodidacte, il n’envisage pas de partager sa pratique, devenue jardin secret, dans le cadre d’une école et décide d’embrasser une carrière entre films produits et autoproduits. Un choix qu’il ne regrette pas : « Je savais où je voulais aller et je voulais réaliser des films au plus vite, explique-t-il. Je me suis fixé l’objectif de raconter des histoires régulièrement et de réaliser un film dès que je pouvais. » Un pari réussi, puisque, entre 2021 et 2024, il signe quatre courts métrages.

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«Le Dernier Soleil» © Alexandre Schild
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«Lettres en ton nom» (2022) © Alexandre Schild
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«Cyril & Louise» (2022) © Alexandre Schild
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«Dr. Jekyll and Mr. I» © Alexandre Schild
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«Les Collines de Sel» © Alexandre Schild
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«Lettres en ton nom» (2022) © Alexandre Schild
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«Les Collines de Sel» © Alexandre Schild

L’école du plateau

Un apprentissage qui n’a pas toujours été de tout repos pour le jeune cinéaste. Découvrant au fil des tournages les subtilités des différents métiers de l’audiovisuel, Alexandre Schild s’est aussi confronté très tôt à la réalité des dossiers de financement. Heureusement pour lui, il peut compter sur le soutien des personnes qui l’entourent pour l’accompagner dans ses projets de plus en plus ambitieux. « Sur mon premier tournage subventionné par un fonds jeunesse, un comédien m’avait questionné sur la régie à disposition. Je ne savais même pas ce que “ régie ” voulait dire ! » s’amuse Alexandre Schild en retraçant son parcours.

Il a pourtant su s’adapter rapidement à chaque nouvelle contrainte technique et aux moyens à sa disposition. À peine quelques années plus tard, ce sont plus de 20 personnes qui s’activent sur le plateau du court métrage « Le Dernier Soleil », présenté cette année aux Kurzfilmtage Winterthur. Des proportions que le cinéaste n’imaginait même pas lorsqu’il s’est engagé sur cette voie, mais qui ne le déstabilisent pas pour autant. Alexandre Schild est toujours curieux de découvrir et de parfaire ses connaissances, et l’envergure atteinte avec « Le Dernier Soleil » représente pour lui une progression naturelle ; les tournages restent « la meilleure manière de se former à la réalité du cinéma ».

Un « engagement total »

Au-delà d’une expérience formatrice, l’autoproduction assure aussi à Alexandre Schild la plus grande liberté de création possible. C’est à la fois une chance et un besoin pour ce cinéaste à la vision artistique complète qui ne souhaite pas limiter ses aspirations. Curieux de nature, il développe une affinité pour toutes les facettes de la production, au point de ne pas s’imaginer occuper un seul poste. « Au début, c’est le désir visuel plutôt que narratif qui m’a poussé vers le cinéma », ajoute le réalisateur. Et si cette tendance s’est aujourd’hui complètement renversée, c’est parce qu’il comprend le film comme un long processus uni : « Quand j’écris, mes idées surgissent avec un véritable désir dramaturgique, mais je pense également à une image, à une musique, et même à des pistes de montage. »

Garder le dernier mot à chaque étape, en somme, sans pour autant négliger les apports des membres de son équipe. « Il y a une sorte de dialogue intuitif qui s’installe entre nous, souvent sans qu’un mot ne soit nécessaire », affirme la cheffe opératrice Salomé Rapinat avant d’ajouter : « Il sait ce qu’il veut obtenir, et son engagement total, jusqu’à la moindre subtilité en postproduction, est ce qui, selon moi, le distingue en tant que réalisateur. »

Plongé dans l’écriture de son prochain projet, un long métrage de fiction, Alexandre Schild se sent prêt à relever ce nouveau défi. Fort de toutes ses expériences, s’attaquer à un format long n’est pour lui que la suite logique d’un parcours florissant.

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