En 2013 est lancé le projet des petites leçons de cinéma, une collection de courts métrages initiée par Milos-Films. La formule est inédite : un·e réalisateur·trice suisse de renom signe un court métrage destiné au jeune public qui met introduit une facette du cinéma. Après une carrière en festival, les petites leçons sont projetées sur grand écran dans le cadre des séances de la Lanterne Magique qui participe également à leur production. Elles sont ensuite proposées sur un site dédié.
Une sixième petite leçon va voir le jour, intitulée « Vers la forêt ». Cette fois, c’est le cinéma d’animation qui est à l’honneur. Pour raconter ce genre, le film met scène un studio d'animateur·trice où les marionnettes prennent vie et explorent leur environnement. Claude Barras s’intéresse dans un premier temps au projet. Déjà très occupé par « Sauvages », alors en cours de réalisation, il se retire du projet et c’est finalement Antonin Niclass qui prendra le relais.
Aujourd’hui, la réalisation de « Vers la forêt », tourné dans les studios d’Hélium Films à Lausanne, touche à sa fin. Comme pour tous les courts métrages de la collection, son financement n’a pas été facile. La double nature du projet, à la fois proposition d’auteur·trice et support de médiation, n’est pas chose courante. « Il a fallu aussi défendre un projet indépendant de “Sauvages”, avec son propre récit malgré des similarités » relate Isabelle Zampiero, productrice chez Milos-Films. En effet, pour raconter la mise en abîme d'une marionnette qui prend vie dans le studio d’un animateur, « Vers la forêt » reprend Oshi, le bébé orang-outan du film de Barras.
Un emprunt de marionnettes rendu possible par la collaboration avec Nadasdy Films et un « moyen de valoriser un travail déjà fait » explique Isabelle Zampiero – une démarche d’autant plus pertinente face à des matériaux longs à concevoir et onéreux à produire. « C’était une chance pour moi de pouvoir travailler avec des marionnettes aussi bien conçues, raconte Antonin Niclass. La question de la durabilité est souvent soulevée dans le domaine du cinéma, et il est intéressant de se la poser également dans le cas de l’animation en stop-motion, même si c’est – littéralement – à une échelle réduite. C’est déjà un message positif de réutiliser les marionnettes et quelques éléments de décors. »
Avec « Vers la forêt », les petites leçons de cinéma persistent dans leur ambition initiale : offrir au jeune public un regard d’auteur·trice sur le cinéma. Une nouveauté toutefois, c’est un cinéaste de la relève qui porte ce projet à l’écran. Une perspective intéressante pour insuffler un vent nouveau au sein de la collection.