Dans le court métrage « Undercover inklusiv » de Philip Spaar, trois personnes en situation de handicap cognitif veulent braquer une banque.
Courage face à l’imprévu
Teresa Vena 19 septembre 2025
Dans le court métrage « Undercover inklusiv » de Philip Spaar, trois personnes en situation de handicap cognitif veulent braquer une banque. Elles tirent profit du fait qu’on les sous-estime. Et elles veulent être prises au sérieux, ne pas être traitées comme des enfants. C’est exactement ce qu’a fait l’équipe de production autour du réalisateur. Lors d’un atelier avec des membres du théâtre Hora de Zurich, il a pu mettre son scénario à l’épreuve : « L’improvisation est leur force, dit-il à propos des comédiens et comédiennes qu’il a rencontré•e•s sur place. Nous avons adapté l’histoire avec leurs idées et nous nous sommes inspirés de leurs réactions. »
Trois personnes ont endossé les rôles principaux, d’autres membres de la troupe ont joué les figurant•e•s. Une semaine et demie de répétitions et cinq jours de tournage ont été nécessaires. « Il s’est produit quelque chose de magique », s’enthousiasme Philip Spaar. Le courage, la patience et la flexibilité dont il a fait preuve ont porté leurs fruits. « Nous avons répété les scènes de nombreuses fois, soufflé le texte et ralenti le rythme de travail. » Cela impliquait par exemple des journées plus courtes et le fait de veiller à accorder suffisamment de pauses. Des précautions sanitaires strictes ont aussi été nécessaires pour protéger des personnes au système immunitaire souvent fragile.
Philip Spaar veut réaliser des films « qui font bouger les choses ». Pour y arriver, il a trouvé des allié·e·s. Par sympathie pour le projet, ils ont travaillé en partie bénévolement et ont permis de concrétiser une idée qu’il mûrit depuis vingt ans : « Raconter une histoire où les personnes en situation de handicap sont des personnages actifs et ne restent pas en marge. En tant que membres de la société, elles méritent d’être sous les projecteurs. »