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Editorial

À l'intersection de l'art et du cinéma 

Une installation d'Ed Atkins à la Biennale de l'image en mouvement à Genève en 2014. Quiconque a vu la grande exposition de Pipilotti Rist au Kunsthaus de Zurich le printemps dernier n’a pu que s’étonner de la concentration que manifestait le public : petits et grands, jeunes et vieux ne se lassaient pas d’admirer les diverses œuvres exposées tout au long du parcours. Une myriade de couleurs scintillait sur tous les supports imaginables, du meuble de salon à la chambre à coucher, et chaque recoin recelait de nouvelles découvertes, paysages miniatures ou cabinets de curiosités. Lorsqu’il est présenté dans un contexte artistique, il est rare que l’art vidéo ou l’image en mouvement touche un public aussi large. Il nécessite en effet des habitudes de réception bien spécifiques. On pense à ces visiteurs qui ne s’attardent qu’un instant dans une black box avant de passer à l’installation suivante. En effet, la capacité d’attention moyenne du visiteur de galerie d'art est plutôt limitée (du reste, elle a déjà fait l’objet de nombreuses recherches). Ce phénomène n’est pas seulement le fait de la qualité des travaux ou de leur présentation. Selon la curatrice et programmatrice Emilie Bujès, il serait également lié aux attentes du public. Pascaline Sordet se penche sur le lien historique – et essentiel – entre art et cinéma, plus exactement sur les possibilités de présentation de travaux filmiques en dehors de leur contexte habituel. Elle s’interroge également sur les diverses opportunités de financement destinées aux projets situés à l’intersection de l'art et du cinéma. Les producteurs planifient, budgétisent, calculent, contrôlent. Mais sont-ils aussi créatifs ? Tout ceux qui ont rencontré Marcel Hoehn, Cornelia Seitler ou Brigitte Hofer ne peuvent que répondre par l’affirmative. Les deux femmes, qui comptent parmi les productrices les plus connues de Suisse, fêteront l’année prochaine les 20 ans de leur entreprise, Maximage. Marcel Hoehn se verra quant à lui décerner l’Œil d’or pour l’ensemble de son œuvre lors du prochain Festival du film de Zurich. Une raison suffisante pour proposer un double portrait (de Brigitte Hofer et Cornelia Seitler) ainsi qu’un long entretien (avec Marcel Hoehn). Lors de ces deux rencontres, je me suis intéressée à la conception que ces personnes ont de leur métier ainsi qu’à l’évolution de l’image de la profession au cours de ces dernières décennies.

Kathrin Halter

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Sommaire n°489