En mars 2025, Cinébulletin a envoyé un questionnaire à l’ensemble de ses abonné·e·s pour mieux cerner les attentes de son lectorat. Trente-six personnes ont répondu, un chiffre modeste au regard de la diffusion de la revue.
La quasi-totalité des participant·e·s se déclarent professionnel·le·s du cinéma ou de l’audiovisuel. La tranche d’âge la plus représentée se situe entre 41 et 60 ans (43 %), suivie par celle des plus de 60 ans (31 %). Le panel est majoritairement masculin et germanophone : 60 % des réponses proviennent de la Suisse alémanique, contre 25 % de Suisse romande et 15 % du Tessin, ce qui correspond, comme par hasard, à une répartition réelle du lectorat. Une majorité (57 %) privilégie le format papier. Seuls 2,8 % des participant·e·s ne lisent la revue que sur le web.
Sur la forme, les suggestions restent modérées mais claires : rendre la lecture plus confortable (avec une taille de police plus grande), en donnant la priorité à la clarté de l’information. D’autres voix s’attendent à l’inverse à une intégration croissante d’éléments visuels et d’illustrations. Lorsqu’il s’agit de la structuration du contenu de la revue et de la préférence pour l’une ou l’autre rubrique, (presque) toutes les opinions sont représentées. L’intégration de la Suisse italienne par le biais de pages en langue italienne fait l’objet de discussions, car la diversité linguistique est en principe saluée, mais il est également suggéré de ne pas organiser les thèmes uniquement en fonction de la régionalité.
Interrogé·e·s sur le ton et le style de la revue, les répondant·e·s expriment un sentiment ambivalent. Beaucoup apprécient un traitement qu’ils jugent « engagé », « critique », ou encore « professionnel ». Mais plusieurs voix soulignent aussi une certaine « monotonie » ou une trop grande « neutralité ».
Les réponses aux questions ouvertes sur les thématiques à développer ont été parmi les plus variées, et révèlent un fort désir d’approfondissement éditorial. Le cinéma d’animation revient avec insistance : quelques lecteur·trice·s jugent ce secteur insuffisamment représenté. « Animationsfilm! » écrit l’un·e. Une perception subjective apparaît alors clairement lorsqu’il s’agit de thèmes principaux manquants. Mais elle révèle aussi la passion inspirante qui caractérise ce secteur. De nombreuses voix appellent à traiter plus frontalement la politique du cinéma, tant au niveau national qu’international. Les mécanismes de soutien, les débats institutionnels, les enjeux de diversité sont cités comme des angles à explorer plus en profondeur. D’autres souhaitent que Cinébulletin mette plus en lumière les coulisses des métiers techniques, évoquant « le besoin de revaloriser le geste, l’artisanat, dans un monde de plus en plus numérisé ». La précarité du travail artistique est aussi mentionnée, par exemple en ce qui concerne la prévoyance vieillesse, de même que les défis liés à l’éducation à l’image, aux films pour le jeune public ou à l’accessibilité des contenus. Certain·e·s regrettent un manque de perspective internationale : « On voit trop peu les succès suisses à l’étranger », ou encore : « Il manque une vraie analyse sur le désintérêt du public pour le cinéma aujourd’hui. »
Enfin, quand on leur demande de résumer Cinébulletin en quelques mots, les réponses les plus fréquentes sont : « informatif », « actuel », « indispensable ». Mais là aussi les critiques affleurent, évoquant un magazine « trop réduit », « trop rapide à lire », ou « trop sobre ».
Questionnaire Cinébulletin
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